L’histoire de la commune de Saint-Nicolas-lez-Arras

Sous la conduite de trois passionnés, Messieurs CAUDRON, KOSCINSKY et PICHON, la ville de COUVERTURE ST NICOLASSaint-Nicolas-lez-Arras s’est penchée sur son passé, a recherché ses racines et rassemblé son histoire. Comme une famille aime connaître ses ancêtres, leurs lieux de vie et leurs modes d’existence, notre commune a remonté le cours du temps et s’est souvenue. Ce livre est le résultat d’une longue enquête, tant dans les lieux publics, archives et bibliothèques, que dans la mémoire des anciens à travers dialogues et conversations…

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Retrouvez également ci-dessous, les petites histoires du groupe composé de mesdames Dassonville et Deshorties, de Messieurs Koscinski, Dreville, Labenne, Potier, Serra et Csernak.

Place de la Mairie

Le café Lancial qui figure sur la vue N° 1 en 1915 était situé au niveau du cercle noir, c’est à peu près l’endroit de la reconstruction, car après la guerre de 1914-18, l’ensemble a été entièrement détruit et a conduit à voir apparaître plusieurs constructions que l’on retrouve sur cette photo aérienne des années 1950/1960 :

A et B – la ferme — «  café de l’agriculture » Lancial qui jouxte l’église avait été reconstruite en partie sur le terrain de l’ancien cimetière attenant à l’église, le hangar au toit vert est actuellement occupé par le bâtiment de la poste

C – La ferme « Métifeu » avait été reconstruite après la guerre 1939-1945, elle fut exploitée par M.Crepel de 1957 à 1964, elle a été revendue à plusieurs reprise pour appartenir aujourd’hui à Met Mme Moreau.

D – La maison voisine appartenait à la famille Harduin et c’est Andrée De Toffoli, une des filles de M.. Harduin, artiste locale et co-créatrice du groupe artistique Paul Bellon avec Jacques Mériaux. Elle y habita et y installa son atelier de céramique. Elle quitta cette maison qui fut détruite en 2005 pour permettre la création des immeubles des Glycines.

E – Après sa rénovation après la guerre de 1939/45, la boucherie Quidé occupa longtemps cette maison avant qu’elle ne devienne le commerce Zanuttini, spécialisé en produits alimentaires italiens

F – un magasin COOP avait succédé à l’épicerie Dreu : il avait ensuite été déplacé dans la rue Jules Guesde, à la place de l’actuel garage collectif situé devant les Glycines.

Le cercle noir de cette vue aérienne des années 1950/1960 était l’emplacement qu’occupait les 3 personnages figurant sur la photo de 1915.

Derrière eux se trouveraient les bâtiments suivants :

A– la mairie qui a été construite en1926, et qui ne comprenait pas les annexes actuelles

B– La maison actuellement inoccupée (ancienne propriété Breckpot) attenante à la mairie sera prochainement détruite et fera place à une nouvelle salle destinée à accueillir les mariages et les festivités commémoratives municipales.

C– Le poste électrique en « cabine haute » qui était alimenté en fils aériens 5000 volts sur poteaux métalliques

D– le « Café de la Mairie » dont la salle attenante faisait office de salle des fêtes. Elle était le lieu de rassemblement des activités sportives, notamment des jeunes gymnases entraînés par M. André Petit, cordonnier de son métier.

Ce café fut longtemps occupé par la famille Bonduaeux, dont le papa était aussi marchand  de charbon : il faisait partie du corps de sapeurs-pompiers volontaires de Saint Nicolas dont M.Jules Catoire fut longtemps le capitaine.

Les pompiers y fêtaient chaque 1er dimanche de décembre leur sainte patronne, sainte Barbe après la messe dominicale célébrée dans l’église Saint Nicaise de Saint-Nicolas.


Le calvaire de la commune

Autour du Calvaire

Au carrefour de l’actuelle rue Jules Guesde ( autrefois route d’Hénin Liétard), face au calvaire ,lors de fouilles archéologiques , on retrouve dans les vestiges quatre tombes «  royales » qui datent du 1er siècle de notre ère. Le cimetière du 1er siècle s’étendait le long de l’actuelle impasse du Bois, à la place de la rangée de maisons, face aux actuels établissements Délit Pneus, qui eux-mêmes sont construits sur l’ancienne stéarinerie. Cette ex route d’Hénin Liétard a été mise en impasse à la suite de la construction de la voie rapide la surplombant. Plus tard à l’époque mérovingienne se trouvait également rue du Bois un cimetière , les inhumations s’arrêtent au VIIe siècle.

La voie du Timon trouverait l’origine de son nom, soit à cause des timons cassés par les chevaux dans la montée , soit de par la configuration géographique de «  chti-mont » qui culmine à 103 mètres avec une légère pente à 2,5% .

À mi-chemin de la rue du Général de Gaulle, du côté face au calvaire se trouvait au Moyen Âge ( 17e siècle) le «  Paradis à cheval » , qui n’a rien à voir avec notre actuel Paradis aux Chevaux. Peut-être s’agissait-il d’un relais de poste , dont les chevaux , nourris aux céréales, viennent se reposer au cours de leur halte à Saint Nicolas.

Quant au Calvaire , il fut érigé en 1858 sur un terrain concédé par le Baron d’Hendecourt à l’angle des deux chemins ( coin des rues du Bois et du Général de Gaulle). L’artisan en est Louis-Guislain CAILLERET, nommé prêtre à Saint Nicolas en 1855. Les processions y sont nombreuses durant les beaux jours, par exemple celle des Rogations, précédant l’Ascension et celle de la Fête-Dieu, suivant la Pentecôte. Le calvaire fut également endommagé lors de la 1re guerre, notamment Le Christ sur la Croix.

Le Calvaire en 2018

Le calvaire en 1918

Le calvaire en 1918

La stéarinerie

La Stéarinerie ou usine à bougies

Le mot «  bougie » provient de «  Bugaya », une ville d’Algérie en Kabylie maritime qui fournissait une grande quantité de cire pour la fabrication des chandelles ;

Mais quelle est l’origine du mot « stéarinerie » pour parler de cette usine à bougies? L’explication de ce terme remonte au milieu du 19e siècle. En effet jusqu’à cette date et depuis le Moyen Âge,la chandelle  qui succède à la lampe à huile est constituée d’une mèche entourée de suif de bœuf ou de mouton. Mais le suif coule et graisse les doigts, la flamme est jaune et fumeuse.

L’industrie de la stéarinerie est d’origine française: en 1820 , le chimiste français , Michel Eugène Chevreuil, découvre comment isoler et extraire l’acide stéarique en séparant la glycérine des corps gras. Ce  procédé de saponification  sert également à fabriquer des savons. À partir de 1831 se développe donc de manière massive l’industrialisation de la bougie et du savon.

Vers 1870 la société Jules Daire s’installe à Saint Nicolas  sur un vaste terrain qui s’étend  de la route d’Hénin Liétard ( actuelles rue du Général de Gaulle et impasse du Bois) jusqu’à la route de Douai ( actuelle rue de la Forge au fer). Cette usine est la seule du genre dans le département du Pas de Calais. En 1891 elle devient la société anonyme sous la direction de Gustave Adam. En 1900 , environ 400 ouvriers y travaillent qui produisent 70 000 paquets de bougies par jour.

La bougie est bien sûr très inflammable. En 1895 un violent incendie se déclare , dû à la rupture d’un tuyau d’un four situé dans un bâtiment de 750 m2 et la matière grasse en ébullition qui se projette sur les becs de gaz proches embrase le bâtiment tout entier. Les dégâts sont importants, mais il n’y a pas de blessés. 3 ans plus tard c’est un autoclave qui explose et  cette fois un ouvrier est  malheureusement tué, on déplore  aussi 8 blessés. La population n’est pas rassurée avec ses incidents répétitifs.

À la veille de la guerre, la stéarinerie est dirigée par François Anselin et l’un de ses frères . Elle exporte  alors vers l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud-Est. Les clients en France  se trouvent essentiellement en  Normandie et en Bretagne. La matière grasse vient de Paris  le charbon servant à chauffer les fours provient de nos Houillères et arrive par péniches.

La stéarinerie et la guerre

La Première Guerre mondiale signe la fin de la stéarinerie ; dès octobre 1914, Arras et sa proche banlieue sont encerclées par les Allemands qui opèrent une forte poussée de Saint-Laurent vers Saint-Nicolas. La vaillante division Barbot aux avant-postes et notamment la 77e division d’infanterie décimée d’un quart de ses effectifs résiste et bloque l’ennemi sur l’Est de la commune voisine. C’est ainsi que les Français s’installent dans des tranchées de notre commune et le 27e régiment s’installe au sud de la stéarinerie.

En l’honneur de la visite du «  Kaiser » sur les hauteurs de Mercatel, les ennemis souhaitent lui offrir en spectacle la prise de la ville. C’est ainsi qu’en outre du beffroi d’Arras , les cheminées de la stéarinerie sont la cible des obus. Le 21 octobre vers 18 heures l’usine est incendiée. Le feu se propage facilement, car à cette époque de l’année elle contient une quantité  importante de matières grasses, celles-ci  étant stockées  en été pour les fournitures nécessaires aux livraisons de l’hiver suivant.

À cette époque, l’usine comprend 25 bâtiments. Le feu prend d’abord au nord de l’établissement, où sont stockés près de 100 000 paquets de bougies, soit au total plus de 150 000 kilos de bougies et stéarine. Le feu gagne ensuite les réservoirs d’huile et même les habitations du quartier. Le brasier dure 4 jours et l’on y voit aussi clair la nuit qu’en plein jour.

Après la victoire, le 13 juin 1919, un nouvel incendie se déclare , probablement dû aux escarbilles du petit train militaire qui y passe. On laisse brûler ce tas de ruines. Comme l’électrification prend de l’ampleur et que ces produits chimiques sont dangereusement inflammables, il est décidé de ne plus jamais reconstruire cette usine.

Anecdote : Le patron des chandeliers et ciriers est de tout temps le Saint-Nicolas !

La Scarpe

La Scarpe »

Notre rivière, originellement appelée « La Satis » prend sa source sur le territoire de Berles-Monchel, non loin d’Aubigny en Artois et à une altitude de 121 mètres. Son cours total est de 102 kilomètres jusqu’à Mortagne du Nord où elle se jette dans l’Escaut à une altitude de 15 mètres.

On la divise en trois secteurs :

– La Scarpe supérieure : de sa source jusque Corbehem où elle fait sa jonction avec le canal de La Sensée.

– La Scarpe moyenne : de Fort de Scarpe à Flers en Escrebieux où elle rejoint le canal de la Deûle

– La Scarpe inférieure : jusqu’à Mortagne du Nord où elle se jette dans l’Escaut.

Au 11e siècle, entre Arras et Corbehem elle était bordée par 17 moulins à roue hydraulique servant essentiellement à l’industrie du drap (spécialité arrageoise) et aux minoteries de farine.

C’est au 17e siècle que La Scarpe est canalisée à partir d’Arras. La Scarpe traverse des paysages variés faits de champs céréaliers, de prairies à fourrage, de zones forestières ; mais aussi de diverses industries notamment chimiques qui rejettent dans l’eau des composants polluants et toxiques.

Cette Scarpe canalisée a été une voie de transport essentielle du XVIIe au XXe siècle. Un trafic incessant de péniches initialement halées, puis motorisées, originaires de toute la France et des pays limitrophes (Belgique, Pays-Bas, Allemagne…) assuraient le transport de marchandises les plus variées (minerais, céréales, matériels en tous genres….). Le port fluvial d’Arras avait une activité très florissante.

De nos jours, le « Val de Scarpe » se transforme et a, de plus en plus, une vocation ludique. Le chemin de halage, de mieux en mieux aménagé, est devenu un chemin de détente de plus en plus fréquenté par les marcheurs, joggeurs, cyclistes. Mais on peut aussi s’adonner à des sports de haut niveau comme le canoë-kayak sur la base nautique de Saint-Laurent. De nouvelles voies de passages entre les deux rives apparaissent comme la passerelle en voie de construction actuellement à Saint-Nicolas.

Les Rosati

L’Histoire des « ROSATI »

Cette société anacréontique* voit le jour le 12 juin 1778. Des jeunes hommes, liés d’amitié, se réunissent de temps à autre pour composer quelques poèmes ou chansons. Ils ont également en commun le goût du vin, de l’amour et des fleurs. Ces rencontres ont lieu sur les bords de la Scarpe. L’un d’eux, avocat au barreau d’Arras ; mais bien entendu, poète et chansonnier à ses heures perdues, Louis Joseph Legay, s’écrie un jour :

«  Amis ! Qu’un jour si beau renaisse tous les ans et qu’on l’appelle La Fête des Roses. Profane, loin d’ici, cet asile est sacré ». Ce même jour, avec la double anagramme de rose et Artois il crée la société des « Rosati ».

Un autre membre, l’Abbé Ménage, en définit la charte et le cérémonial d’intronisation : « Prendre un honnête délassement, s’éclairer des rayons de la vraie philosophie, rire de l’ambition et de milles riens importants, faire revivre le ton simple et franc de nos anciens auteurs en dépit de la précocité et de la morgue de plusieurs célébrités du jour, voilà le principal but des Rosati ; qui mieux que vous remplira leurs vues ? »

«  La cérémonie de votre adoption n’est ni grave ni fatigante : vous cueillerez une rose, vous la respirerez trois fois, puis l’attacherez à votre boutonnière. Vous viderez d’un trait un verre de vin rosé à la santé de tous les Rosati passés, présents ou futurs. Enfin, vous embrasserez une des personnes que vous aimez le mieux. Vous serez, alors, un vrai Rosati ». Sur le sceau de la société figure une rose à mille feuilles. Les assemblées des Rosati commencent au printemps et durent tout le temps de la saison des roses.

Les Rosati comptent parmi eux des personnages célèbres comme :

– Lazare Carnot, capitaine au corps royal du génie en garnison à Arras
– Maximilien Robespierre, avocat au barreau d’Arras, puis député aux États Généraux en 1789 et, enfin le dictateur sanglant de la Terreur
– Anacréon : poète lyrique grec du VIe siècle av J.C.. Ses odes chantaient les plaisirs du vin de la table et de l’amour, donc un parfait précurseur des Rosati.

Le service de santé

Le Service de santé aux armées en 14-18

Au début du conflit, les états majors n’ont pas anticipé les conséquences sanitaires d’une offensive intense. D’autant que de nouvelles armes sont employées : artillerie plus puissante, lance-flammes, gaz toxiques (ypérite). Très rapidement, le Service de Santé aux Armées se trouve dépassé par le flux massif des blessés et la constatation de pathologies inattendues. On évacue très rapidement l’ensemble des blessés vers l’arrière sans prise en charge initiale et sans tri.

Indépendamment des blessés, la guerre des tranchées favorise des affections très spécifiques par manque total d’hygiène : typhus, choléra, parasitoses (« la gale du poilu »). La prophylaxie de ces affections s’avère impossible.

Rapidement, des médecins militaires, notamment le docteur Claudius Régaud, sont chargés de rénover le système de santé militaire.

On constate :

– une déficience des premiers soins, ce qui aggrave les blessures initiales
– une évacuation anarchique sans triage des pathologies
– un nombre insuffisant de formations sanitaires près du front et à l’arrière
– un manque de personnels compétents face aux blessures spécifiques de guerre.

On crée en urgence des postes de secours avancés dans lesquels le blessé est relevé et bénéficie d’une prise en charge médicalisée. Le blessé est trié et son type de blessure est identifiable grâce une fiche d’évacuation de couleur :

– rouge s’il est porteur d’un garrot pour une plaie artérielle
– bleue s’il relève d’une chirurgie d’urgence
– blanche : pour les blessés plus légers
– jaune s’il est porteur dune affection contagieuse

Cette idenfication permet une évacuation vers une structure sanitaire de première ligne : le plus souvent des structures chirurgicales de l’avant.dès que l’état du blessé le permet il sera dirigé vers les hôpitaux de l’arrière provisoires ou d’origine. Il faut aussi développer les moyens d’évacuation. Ils sont assurés, en début de conflit, par des voitures hippomobiles, puis automobiles, voire des péniches.

En 1915, l’armée française ne dispose que de 5 trains sanitaires. On réquisitionne des trains de voyageurs et des trains de marchandises que l’on équipe, en urgence de porte-brancards. En 1918 le service de santé aux armées pourra, enfin compter sur 190 trains sanitaires, mais la guerre prenait fin et il avait fallu évacuer 5 millions de blessés en 4 ans.

On peut affirmer que cette guerre de 14-18 a fait évoluer la médecine.

Quelques exemples :

– un chimiste américain, Henry Dakin, a mis au point un antiseptique qui porte son nom et permet une désinfection efficace.
– les techniques d’anesthésie ont connu un progrès considérable.
– cette guerre a vu, également la naissance de la chirurgie réparatrice ou plastique pour redonner un visage aux milliers de « gueules cassées »
– Marie Curie a mis ses connaissances des rayons X au service des armées dans des unités chirurgicales mobiles avec l’aide de la Croix rouge. La radioscopie d’urgence était née.
– Cette guerre de tranchées a eu des conséquences psychologiques importantes et parfois irréversibles sur des soldats qui vivaient confinés et constamment angoissés face à des attaques ou des bombardements sans possibilité de repli. Cette nécessité de prise en charge psychiatrique a été également une nouveauté.
– Enfin, la guerre de 14-18 a vu la carrière d’infirmier s’ouvrir largement aux femmes, car avant elle était quasiment réservée aux hommes et à quelques communautés de religieuses.

Paul BELLON

Paul Bellon, un élève de Corot à la mer

Paul Bellon

La propriété de la famille Bellon est célèbre pour avoir fréquemment accueilli Corot et les peintres arrageois de son entourage.  Ami de Louis-Gabriel Bellon, il encourage le talent de Paul qui organise à Saint Nicolas lez Arras, la célébration conviviale des 50 ans de peinture du maître en 1972. Lorsque Paul arrive à Berck, peut-être pour y faire soigner son épouse ,aux alentours de 1895,il est également un photographe expérimenté que les développements de l’utilisation du cerf-volant ne laissent pas indifférent.  Comme Francis Tattegrain, il utilise ses propres clichés pour « repiquer »des personnages qu’il retravaille au trait et s’inspire des sujets de plage emblématiques de l’école de Berck.

Paul Bellon 1844-1928 Création Gérard Potier

Le château Bellon, route de Douai (Rue Anatole Franc) Création Gérard Potier

Le château Bellon, côté Paradis aux chevaux Création Gérard Potier

Paul Bellon (à droite sur le pliant), appareil en main sur la plage de Berck

Paul Bellon, études de la plage de Berck vers 1900

Paul Bellon, études de la plage de Berck vers 1900

Paul Bellon, études de la plage de Berck vers 1900

Com l'Atrébate

Une hypothèse que l’on peut trouver hardie mais qui n’est pas impossible en comparant certaines dates. »COM » devait appartenir à la tribu celte installée près de la Scarpe. Némétocenna n’était pas encore Arras. Il se pourrait donc que COM soit de Saint Nicolas !!

La Chapelle Saint Kilien

Petite chapelle située rue Anatole France dédié à ST KILIEN qui fait jaillir de l’eau en période d’intense sécheresse une source d’eau pure et limpide pour désaltérer les travailleurs assoiffés. Les eaux ont un pouvoir thérapeutique capable de guérir fièvre ou malformation. Les fidèles y viennent en pèlerinage. Elle fut rasée durant la guerre de 30 ans (qui a déchiré l’Europe de 1618 à 1648) et ne fut pas reconstruite.

Les Créssonières

LES CRESSONNIERES sont particulièrement renommées  Moyen Âge. Le cresson de notre commune est particulièrement apprécié. Il est servi à la table de l’Abbé de St Vaast lorsqu’il reçoit des hôtes illustres. Le manoir de la cressonnière occupait une partie de l’actuelle Résidence du Paradis aux chevaux.

La Première Guerre mondiale

Les débuts du cataclysme

Depuis plusieurs années, l’Allemagne préparait secrètement l’invasion de la France et de la Russie. L’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand, et de son épouse le 28 juin 1914 à Sarajevo sert de prétexte à l’Autriche pour entrer en guerre contre la Serbie. La Russie, alliée de cette dernière mobilise ses troupes et l’Allemagne lui déclare la guerre le 31 juillet. Le processus du conflit mondial était engagé. Comme partout en France, le samedi premier août au soir, est affiché à la mairie de Saint-Nicolas l’ordre de mobilisation générale. Il suscite une émotion considérable, un élan patriotique et un enthousiasme qu’on a peine à se figurer aujourd’hui. Reprendre l’Alsace-Lorraine et laver l’affront de 1870, par une guerre courte et victorieuse, marquent les souhaits d’un grand nombre de Français. Les Françaises, mères ou épouses, sont beaucoup plus réservées ou pleurent à chaudes larmes.

Au tout début de la guerre, le pont sur la Scarpe, comme ceux des villages voisins, sont détruits devant l’avance allemande par les artificiers français (contrairement à la légende de la carte postale). Le pont médiolanais est ensuite rétabli sur pilotis et sert durant toute la guerre.

La commune de Saint-Nicolas-lez-Arras lors du déclenchement du conflit (croquis réalisé par Louis Caudron d’après des cartes militaires).

 

Le 3, les allemands déclarent la guerre à la France et la Belgique. Ils envahissent cette dernière pourtant neutre dès le 4 août. Les régiments de la garnison d’Arras dans lesquels se trouvent de nombreux Médiolanais montent en Belgique, du 5 au 8 août (33e RI d’active, 5e R. territorial, 233e RI de réserve…) mais doivent battre en retraite après avoir subi de nombreuses pertes. Le Maréchal des Logis Ernest Muchembled et le Caporal Albert Robert sont tués en Belgique (Saint-Gérard pour l’un, Dinant pour l’autre).

Manoeuvres d’embarquement du 3e Génie en la gare de la Petite Vitesse d’Arras.

Dans le milieu du mois, le général d’Amade commandant un groupe de divisions territoriales installe son quartier général à Arras. Il doit se replier sur Amiens et le 31 août arrive un faible détachement allemand dans une ville abandonnée par l’armée. Le 6 septembre, jour du déclenchement de la contre-attaque de la Marne, 30 uklands et 1200 fantassins investissent Saint-Nicolas et pénètrent dans Arras. Ils sont suivis le lendemain par des troupes plus nombreuses. Le 8, celles-ci prennent la direction de Doullens pour aller renforcer leur armée qui connaît ses premières difficultés.

La propriété Gheerbrant, après l’invasion allemande du 6 au 8 septembre 1914, est saccagée, mais n’est pas encore sinistrée par les furieux bombardements des trois années suivantes.

L’église de Saint-Nicolas et ses pasteurs

En 1640, la guerre de trente ans amène la destruction du village. L’église est citée dans les chroniques de l’époque, que l’on peut ainsi résumer :
Une contre-offensive espagnole vise en juin 1640 les retranchements des assiégeants confiés à la garde de Rantzaw, intrépide général s’adonnant à la boisson. Attaqué, il prit le parti téméraire de se loger dans l’église de Saint-Nicolas-en-Méaulens où il fut assiégé. Il parvient à se dégager mais il a le bras cassé par un coup de mousquet et il reçoit une blessure à la cuisse qui nécessite l’amputation. Il sera nommé cinq ans plus tard maréchal de France. Pendant une longue période, notre village fut quasiment déserté et se relèvera très péniblement, on ne note en 1698 que douze foyers et soixante-dix personnes.

Malgré leur foi profonde, les paroissiens ne relèvent leur église qu’au siècle suivant. En 1751, les habitants du village de Boves, dit Saint-Nicolas-en-Méaulens, demandent l’autorisation d’emprunter l’argent nécessaire pour la reconstruction de leur église ruinée par les guerres de 1640. Cette église, disent-ils, se trouve réduite à une partie de l’ancienne et elle est insuffisante pour contenir le nombre des habitants. (C 765-23 février 1751. A.D. 62). En 1760, les travaux de reconstruction de la nouvelle église sont terminés. C’est un bâtiment de pierres blanches du pays, la toiture est recouverte d’ardoises, l’intérieur de l’église se compose d’une nef unique, de deux chapelles collatérales formant la croisée, et du
choeur. Arras devient française en août 1640, mais l’usage persiste de nommer « aux cures » et « aux bénéfices à charge d’âmes » par voie de concours et c’est ce qu’on continue de voir à Saint-Nicolas. Se succèdent ensuite :
– 1665 LUDOVIC BONIFACE
– 1694 MELCHIOR STAMPE
– 1727 ÉTIENNE-BERNARD MICHAUX
En 1737 où débutent les registres paroissiaux actuellement conservés, le curé de notre paroisse est ADULPHE-JOSEPH GOSSART. Ce prêtre meurt le 19 décembre 1782 après cinquante ans de sacerdoce à l’âge de 80 ans. Il est inhumé dans le cimetière de Saint-Nicolas. Le pasteur Gossart nous a laissé un testament en date du 6 août 1780 où il demande que le service religieux et son inhumation soient célébrés dans l’église de Saint-Nicolas. Il désire que trois cents messes chantées soient dites à son intention par son successeur (honoraires d’une messe : 3 livres pour le prêtre et 15 sols au clerc). Il nomme exécuteur testamentaire son cousin Aubert Botte, notaire royal, et fait des legs à ses deux soeurs et aux pauvres de la paroisse. Il est remplacé par François Delbecq.

Faïence de Lille du XVIIIe siècle -Musée des Beaux-Arts de Lille – Cliché Studio Gerondal

L'enseignement sous l'ancien régime

Jusqu’en 1478, « Sire Nicole » (Nicolas Honoré) estoit clercq et tenoit escolles de six enffans enlaparoisse de Saint Nicolay en Meaulens » (Journal de dom Robert p. 56 – Prise d’Arras par Louis XI et expulsion de ses habitants). Ce personnage médiolanais devenu receveur de l’Evêque et chanoine du Chapitre n’est pas représentatif des enseignants de l’époque, ni de ceux du siècle suivant. Souvent, dans nos campagnes au XVIe siècle, le sacristain, un homme de peine, a pour fonction d’entretenir la propreté de l’église, d’aider le prêtre dans les cérémonies religieuses et de sonner les cloches (angélus, messes, glas, tocsin…). Il se voit progressivement chargé d’apprendre aux enfants non seulement le catéchisme, mais aussi les rudiments de la lecture et du calcul. Cet emploi évolue chez nous au XVIIIe siècle et l’on passe du simple bedeau-sonneur de cloches, domestique du curé, au clerc-laïc appelé aussi magister, ancêtre direct de l’instituteur-greffier de mairie du siècle suivant. Trois clercs-laïcs de cette époque ont marqué la jeunesse médiolanaise, ce sont : Jean BACLER (le nom Baccuel, matière utilisée pour la confection du torchis, s’est transformé à l’exemple de Guérardel devenu Grardel).
À partir de 1737, début des registres encore exploitables, nous trouvons sa trace au hasard des actes transcrits en particulier en 1740 lorsqu’il assiste au mariage de sa fille avec un Médiolanais nommé Guislain Touzet. Il meurt à Saint-Nicolas en 1762 à l’âge de 73 ans et c’est Philippe Bacler, son fils, écrivain-juré de la ville d’Arras, qui mène le deuil du magister de notre paroisse. Notons qu’en 1739, le valet de l’église est Antoine Leclercq. Les rôles étaient déjà séparés.
Etienne NOIRET : ce jeune clerc-laïc est engagé vers 1758. Natif de Berneville près d’Arras, il épouse en 1760 une médiolanaise Anne Cabaret qu’il perd l’année suivante. Il se remarie avec Marie Deliège, la fille du bailli de Saint-Nicolas qui lui donne plusieurs enfants, il habite la future rue de Justice longtemps nommé ruelle du clerc en sa mémoire (voyez le manoir C14). Maillon actif de l’implantation d’une véritable école à Saint-Nicolas, celle de Saint-Joseph-l’Hermite,
il décède le 26 septembre 1775 à l’âge de 55 ans. Louis-Joseph SEVIN : le successeur de Noiret est né à Sainte-Catherine vers 1757. Il épouse en 1777 Marie-Françoise Debéthune, fille de Philippe, laboureur, son témoin est Noël Wache, magister de Sainte-Catherine. Il est âgé de 33 ans lorsqu’il est nommé notable (conseiller municipal) lors des premières élections de 1790. Nous le retrouverons comme premier instituteur communal lorsque l’école de Saint-Nicolas sera rétablie après la tourmente révolutionnaire, ce qui est un cas assez peu fréquent.

L’école Saint-Joseph occupait l’emplacement des deux maisons à étage de la gauche de la carte (maisons rebâties après le grave incendie d’avril 1809 qui en dévora soixante-quinze)

L’école Saint-Joseph

Les cours de catéchisme se donnaient généralement dans la sacristie de l’église, mais avec l’extension si modeste soit-elle, du rôle du clerc-laïc, ce local s’avère inadapté dans la plupart des cas. Certaines communautés paroissiales comme celles de Beaurains et de Saint-Laurent-Blangy engagent un clerc à la condition que ce dernier fournisse le local nécessaire pour y faire la classe. À Saint-Nicolas le curé, Hadulphe-Joseph GOSSART, obtient des largesses d’un riche chanoine d’Arras, l’achat d’une maison afin d’y construire une école placée sous le vocable de Saint-Joseph-l’Ermite (ou plutôt l’Hermite comme on l’écrivait jadis). C’est aujourd’hui l’emplacement de la maison qui porte le n°5 de la rue
Raoul-Briquet. En effet, dans un acte du 20 décembre 1763 passé devant les notaires royaux, le curé de notre paroisse achète 650 livres la maison des héritiers Riquier pour le compte du chanoine Damiens du Chapitre cathédral d’Arras :
« Un manoir amazé de maison, grange cour et jardin sur 18 verges face au cimetière, tenant d’un côté à celui des frères Charles et Louis Huleux, et de fond au manoir de Jean-Pierre Riquier pour y établir l’école Saint-Joseph – l’Hermite (série 2/764 des A.D. 62).
Ce chanoine Jean-Joseph Damiens, décédé le 19 janvier 1769 en sa demeure du cloître Notre-Dame, a également créé une école Saint-Joseph à Lattre-Saint-Quentin et établi une rente-viagère au profit du frère Etienne Lefebvre « hermite » de Saint-Nicolas-en-Méaulens. Entre 1766 et 1768 des travaux de charpenterie et de menuiserie sont entrepris : pose d’une porte cochère, remplacement ou réparation des châssis de fenêtres et de portes, remise en état de la margelle du puits et des latrines. Les travaux se montent à la somme de 182 livres 12 sols et 6 deniers. Ce local s’avère vite trop petit et à une date qui n’est pas précisée, la maison voisine, celle de Nicolas Pollet est achetée : un manoir amazé d’une petite maison et cave sur 5 verges et 12 pieds, tenant à la précédente, de l’autre côté à celle des Deliège et par derrière à la propriété de Jean Riquier. C’est l’emplacement du n°3 de la rue Raoul-Briquet. Les cours donnés avant la Révolution ne fonctionnent normalement que durant l’hiver. Pendant la belle saison, les enfants aident aux travaux des champs. On dit qu’ils vont à l’école « din ché courts jours ». Les parents payent une rétribution au clerc-laïc, c’est le système dit de l’écolage. Seules les écoles des frères des écoles chrétiennes sont gratuites, et les écoles publiques ne le deviendront.

La christianisation de Saint-Nicolas

On ignore encore la date exacte de l’implantation de la religion chrétienne à Méaulens, pourtant, on peut noter quelques points de repère, quelques jalons. Certaines légions romaines ont pu compter dans leur sein des soldats convertis au christianisme. On en relève la trace à Baudimont, dans la ville gallo-romaine. À Saint-Nicolas, cela est moins probable. Un évêque nommé Diogène réside à Arras, il est tué lors de l’invasion vers 407 par des Vandales qui détruisent la ville.
La conversion de Clovis, roi des Francs Saliens « au Dieu de son épouse » est généralement datée de l’an 496. Nous venons de voir que certains de ses « familiers » ont pu résider à l’endroit qui va devenir le château de Bôves-Méaulens. On connaît le rôle de saint Vaast comme catéchiste de Clovis, mais bien moins celui qu’il exerce comme évêque d’Arras jusqu’aux environs de 540. Il faut ensuite attendre un siècle pour avoir des éléments plus précis en ce qui concerne notre commune. Sans nécessairement croire à la légende miraculeuse de la fontaine Saint-Kilien (développée p. 87 à 89 au fief d’Aubigny), « l’un de ces récits fabuleux comme les affectionnaient les faussaires du Moyen-Age », suivant la formule de Monseigneur Lestoquoy, il faut relever que ce saint irlandais, dont la réalité n’est pas sérieusement mise en doute, évangélise la région arrageoise de 645 à 670, année de sa mort à Aubigny. Or, le fief dit de Saint-Kilien ou d’Aubigny constitue jusqu’à la Révolution Française un petit îlot médiolanais indépendant, au milieu du cercle de la banlieue d’Arras que vont se partager le Chapitre de l’Evêque et l’Abbaye royale de Saint-Vaast. Cela laisse supposer une possession du monastère d’Aubigny, bien antérieure à ce partage, pouvant remonter, pourquoi pas, au passage de saint Kilien, ce saint mérovingien.

La tradition veut que saint Vaast ait apprivoisé un ours sauvage vivant dans les ruines d’un petit oratoire près du Méaulens arrageois, là où allait s’implanter la puissante abbaye de Saint-Vaast.

La création de la paroisse de Méaulens est certainement plus ancienne qu’on ne l’a dit, en se basant sur le nom du patron, saint Nicolas. On a remarqué que Saint-Nicolas représente habituellement des paroisses du XIIe siècle, et effectivement, la première mention médiolanaise de Saint-Nicolas de Mellens date de 1154-1159 dans la cartulaire du Chapitre d’Arras acte 28, mais il faut observer que si le choix du titulaire de l’église est généralement définitif,
il ne peut être question, comme le faisait remarquer Monseigneur Lestoquoy, d’en faire une règle absolue, du reste, notre église est aujourd’hui dédiée à saint Nicaise, ce que bien peu de paroissiens savent et montrent qu’une dédicace n’est jamais irrévocable. En effet, lors du rétablissement du culte catholique après la Révolution, l’évêque d’alors, le cardinal de la Tour d’Auvergne ne conserva, parmi les églises paroissiales de l’agglomération dédiées à saint Nicolas, qu’une seule (Saint-Nicolas-en-Cité) et changea le vocable des autres.

Coupe en verre de la première moitié du IVe siècle trouvée dans le cimetière de l’Est à Boulognesur-Mer en 1888, fond gravé représentant le sacrifice de son fils Isaac par Abraam qu’arrête le bras de Dieu (collection Bellon)